LORE TOKYO – LIEUX REMARQUABLES – BAINS PUBLICS JIGOKU NO YU

Notre sagesse est douce comme le miel, goûte et comprends.
TRANSMISSION – activation du signal de Sento – RÉCEPTION – activation de la prérogative des oyuya – FLIC, FLOC, PLOUF, QUI VIENT SE BAIGNER AVEC MOI ? – chauffage de l’eau des âges – TÉMOIGNAGE – Les bains publics Jigoku no Yu.
Analyse des limites de la progression linéaire …
L’origine des bains publics japonais remonte aux temples bouddhistes indiens, chinois, et finalement japonais, de ce qu’il est convenu d’appeler l’époque de Nara. En ce temps-là, les ablutions étaient un rituel religieux. Jusqu’à l’arrivée de yuya. L’eau est un élément merveilleux. Elle courbe l’espace, le temps, et les moyens de transport des esprits.
Mais notre histoire remonte à peine à un siècle. L’ouverture des bains publics Jigoku no Yu. Un lieu où venir se laver. Où socialiser. La chair des mammifères a ça dans la peau. Mais le prix d’entrée était incroyablement élevé, n’autorisant que la plus select des clientèles. Et le murmure de la rumeur a commencé à enfler alentour, comme quoi les clients payaient pour avoir plus qu’un peignoir et un savon parfumé.

Au cours de la dernière décennie, nous avons vu passer un grand nombre de clients portant la marque invisible de l’œil et de la Pyramide.
Qu’est-ce qui s’ébat dans l’eau chaude ? Qu’est-ce qui la fait bouillir ? Et cette odeur de soufre… Les Oni. Depuis un siècle, la Maison en Exil a fait des bains publics Jigoku no Yu sa base d’oppression. Bien que capables de menacer l’existence même de l’humanité, ces démons bannis en sont venus à apprécier Tokyo. Leur chef Inbeda, adore les attraits bien terre-à-terre de ce plan d’existence. Il peut se les offrir en proposant à ses clients des services qui, eux, n’ont rien de terrestre. Et ce, sans jamais se lever de son trône mouillé.
Mais le terme de terre-à-terre est con ne peut plus relatif, enfant du miel. Ce qui le sera pour un demi-dieu aura l’air bien exotique pour de simples mortels. Ainsi va l’économie de l’étrange.
Il se traite tant d’affaires dans ces salles aux multiples échos. Au milieu des clapotis. Toutes ces paroles, dans tous ces langages, sortant des lèvres du masque doré. Savais-tu qu’il est capable de parler toutes les langues, enfant du miel ? Même la nôtre. Directement, nous voulons dire. Quel soulagement ! Nous avons vraiment un accent atroce dans ton niveau de réalité.
Nous entendons le babillage incessant du masque. Nous voyons le puissant Inbeda, démon du troisième enfer, Oni à peau bleu revêtu d’un peignoir tigré hors de prix. Inbeda, le mercenaire qui se bat contre son espèce, contre toutes les espèces, pour peu que le prix lui convienne. Ses goûts sont aussi éclectiques que vulgaires. Ce mannequin nous rappelle quelque chose. Cette robe bleue …
Nous avons parlé avec le masque, enfant du miel. Nous savons. Nous savons pourquoi Inbeda a choisi des bains publics, pourquoi il voulait de l’eau chaude. Pour avoir en permanence sous les yeux l’élément qui courbe l’espace, le temps et les esprits. C’est une petite fenêtre qui lui permet de voir son chez lui quand il regarde sous le bon angle. Le puissant, le terrible Inbeda ! Renégat des enfers. Il en est venu à apprécier ce monde, mais il lui arrive d’éprouver de la nostalgie pour le lieu qu’il hait le plus dans tout l’univers. Il ne voudrait pas que cela se sache, évidemment. Alors nous garderons ça entre nous, n’est-ce pas, enfant du miel ?

 

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